Dimanche 27 Août

Alors que le vendredi avait semblé s’étirer sur plusieurs jours tant il ne passait pas, j’attendais avec peu d’excitations le week-end qui est tellement attendu par tout un chacun. Pas de fille avant dimanche, la perspective des tâches ménagères ne m’excitait pas beaucoup. La fin d’avant-midi avait été légèrement coupée par deux petits messages tout simples mais suffisant pour faire naitre un léger sourire aux commissures de mes lèvres. La journée passa et enfin le train me déposa à Ecaussinnes. Coup de fil à ma fille pour voir si tout va bien à Ostende, coup de fil à mes parents pour ne pas être le mauvais fils qui n’appelle jamais et me voilà hésitant. Appartement de merde ou bistro ? Pour une fois je me décide pour l’appartement. Il est temps de mettre de l’ordre dans ma vie qui part en vrille comme si mes décisions, mes choix et ma volonté étaient emportés par une tornade de mauvaises excuses.

La porte claque derrière moi. L’endroit est vide, froid et l’oiseau a réussi à sortir la moitié de sa nourriture de la cage pour en faire un tapis de saletés par terre. Mon coussin de la veille est toujours sur le divan qui me sert de lit et la couette pend sur le dos du fauteuil comme une chose morte. La bouteille d’eau de la nuit est tombée par terre et se trouve juste dans la trajectoire du soleil. Elle doit être bonne pour l’évier. Quelle vie de merde. Du petit balcon j’entends des enfoirés écouter de la musique où le chanteur essaierai de vomir sur son micro devant son public. Le propriétaire de la voiture (en tout cas celui qui est au volant et fait écouter cette chose aux autres) n’a pas l’air plus propre que le résultat de ma dernière diarrhée.

Je vais oublier ça sous une douche chaude en respirant l’odeur rassurante du shampoing et du bain douche. Même pas envie de me masturber. Ca fait maintenant des semaines que plus rien ne me fait bander ou même envie. Peut-être que je devrai en parler à un médecin comme de cette sensation désagréable que tout serait mieux si je n’étais plus là. J’en profiterai aussi lui dire que je passe quelque nuits blanches à penser à ce que je vais faire de ma deuxième moitié de vie que j’entame bien mal et à ce que ma fille va retirer d’un père comme moi.

Tant pis putain. Direction Eric. Là-bas pas de prise de tête sérieuses. Bien entendu sous l’assaut des bières et de l’alcool il arrive qu’une tension apparaissent entre deux « trou-du-cul » mais ça ne dure jamais bien longtemps. Bien tristement chacun tire à boulet rouge sur les absents et je m’amuse à imaginer ce qui se dit sur moi quand je ne suis pas là. J’ai eu quelques échos qui m’ont fait sourire. Un Patrick m’appelle « le petit connard de mes couilles « (jalousie?), un autre « la star de mes deux » (surement un frustré). Je remarque en tout cas à propos des surnoms que j’inspire : ça touche leur parties génitales. Ils seraient peut-être heureux de se les toucher entre eux ?

J’en ai assez vu et je rentre chez moi en me disant que je ne finirai pas comme eux. Même si j’ai une vraie et sincère sympathie pour la plupart des gens qui y sont. Ils sont comme moi. Paumés. S’ils sont seuls ils y cherchent un mot, une main tendue, un artefact de famille. S’ils ne sont pas seuls alors ils doivent avoir une vie de couple bien triste pour passer leur soirée là.

Je rentre chez moi assommé par la culpabilité d’avoir encore trop bu. Je m’endors habillé.

Samedi je me lève avec l’impression d’avoir mangé du sable la veille et que les griffes d’un Godzilla fantôme essaient de m’écraser la boite crânienne pour faire sortir mes yeux de leur emplacements. J’ai dû me lever de la nuit car je suis nu. J’espère que les vieilles en face n’ont pas de jumelles. Deux aspirines, un antidépresseur, un café fort, un yaourt et hop à la douche. Aujourd’hui rangement de l’appartement. Et là c’est l’erreur. Je me dis que je vais prendre encore cinq minutes et je vais faire un tour sur facebook. « Vous avez une vidéo enregistrée. Voulez-vous la voir ? » -> Oui. Zut, c’est elle qui se balance dans un hamac. Si une musique devait être aussi douce qu’elle, elle serait le chant d’un oiseau qui déclare son amour à sa dulcinée. Si une arme devait détruire toute volonté cette arme serait ses yeux. Je pense soudain à demander aux Nations Unie de ratifier un traité qui l’interdise de sourire. Mais ses baisers sont des baumes magiques qui guérissent de tout donc attendons un peu avant la paperasse.

Aujourd’hui je me sens un peu mieux. Je pense même que j’aurai la force d’entendre sa voix sans que ça me fasse mal. Je pense même que je pourrai la faire rire. Ce soir pas d’envolée lyriques, ce soir je ne me sens plus triste, seulement vide de tout.

Un jour je remplirai ce vide avec l’invisible puissance d’un amour passionné.

Dimanche 22:38. Dodo. Dors bien muse de mes passions.

 

 

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