Un 30 Août 2 mille 10 sept

La pluie ne tombe pas ce soir. Elle est projetée au sol avec une force invisible qui semble se déchaîner de plus belle après chaque accalmie.

Les flaques d’eau de pluie semblent danser sur le rythme d’une musique secrète ancestrale que l’homme aujourd’hui semble ne plus entendre. Les gouttes tombent au sol dans un claquement crû et ensemble se mêlent à un tapis brillant, miroir liquide reflétant les lumières nocturnes de cette nuit à la chaleur lourde du mois d’août.

Je me laisse aller comme ces rivières de pluie qui se laissent guider par la surface du sol, sans choisir, sans réfléchir, sans agir. Je n’ai pas honte de le clamer chaque soir, chaque nuit qu’elle me manque. L’intelligence brillante de son regard, le bout de sa langue délicate sur mes lèvres,  les frissons quand ma langue goûte doucement la sienne, mes mains qui se referment sur ses poignets, la folle sensation de l’odeur de son cou pendant mes baisers passionnés, la douceur de ses cheveux qui s’emmêlent dans mes doigts, l’incroyable compatibilité de mes mains et de ses hanches. Elle est si légère, si belle. Je lui dirai bien que je crève, que j’ai l’impression de me noyer de ne pas pouvoir la toucher mais à quoi bon. Séparé par quelques heures, quelques kilos de bitume, à peine quelque cours d’eau je me sens impuissant, incapable de la convaincre. Je n’aurai pas plus facile si je devais changer l’orbite de la lune ou si je devais briser une tonne de granit à main nue.

Ah si elle m’invitait à nouveau à partager un seul de ces instants peut-être comprendrait-elle que peut-être je suis celui-là ? Je peux me faire plombier, cow-boy, brute, super-héros, tendre, médecin, ami, amant, gardien de ses lieux, poète, boxeur ou tendresse.

Mais c’est comme ça. Comme un mutilé au combat je me dois rentrer chez moi regrettant d’avoir survécu à ce combat.

Demain à l’aube déjà, mon amour se tiendra sous sa fenêtre mais comme un fantôme invisible personne n’y prêtera attention et il s’en ira d’où il est venu me nourrir de tristes nouvelles. Je pourrai lui envoyer un signe. Demain elle croisera peut-être un animal perdu apeuré qui quémandera quelques caresses ou juste un regard même par hasard. Je ne vaudrai pas plus que lui. Je ne serai pas plus fier que cette chose perdue.

Si vous saviez comme on pleure seul dans un foyer sans être aimé vous auriez parfois la tendresse, devant chez moi, de simplement passer me réchauffer.

Je ne crois en rien de divin et pourtant je prie pour un signe. Je finira seul en brisant des mots, souffrant mes maux sans les chanter car je sentirais à les dire plus de douleur qu’à les porter. Ackermann L.

 

 

 

 

 

 

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